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Communiqué de presse : Procès de Richard Jacob, élu FN d'Auxerre, poursuivi pour violences et propos homophobes.

Lundi 10 juin 2013 à 15h08
Catégories : Communiqués, Fédération LGBTI+

COMMUNIQUE DE PRESSE
Angers le 10 juin 2013
 
Procès de Richard Jacob, élu FN d'Auxerre, poursuivi pour violences et propos homophobes.
Six mois de prison avec sursis, assortis d'une amende de 3 000 euros et d'une peine d'inéligibilité de deux ans ont été requis par le ministère public. 
 
Le 16 février dernier sur le parvis de l'hôtel de ville d'Auxerre, quelques dizaines de manifestants s'étaient rassemblés pour soutenir le projet de loi ouvrant le mariage aux homosexuels. Une altercation avait alors éclaté entre les manifestants et un conseiller municipal FN, Richard Jacob. 
 
Trois personnes, dont une jeune fille de 17 ans, avaient été très légèrement blessées et avaient déposé plainte. La jeune fille a accusé l'élu de lui avoir donné un coup de pied au visage, tandis que les deux autres lui ont reproché de les avoir bousculés. Selon les victimes et des témoins, Richard Jacob aurait tenu des propos comme « Les pédés au bûcher », « Je ne veux pas de pédés ici, vous devez crever ». 
 
Jeudi, devant le tribunal, Richard Jacob a reconnu s'être « emballé », assurant que ses « mots avaient fortement dépassé sa pensée ». 
 
« J'avoue sur les violences mais j'en ai aussi subies », a-t-il déclaré. « Le climat de violence était des deux côtés, les noms d'oiseaux étaient des deux côtés », a-t-il ajouté.
 
La représentante du ministère public a requis six mois de prison avec sursis assorti d'une amende de 3.000 euros et d'une peine d'inéligibilité de deux ans. « Un élu local s'est comporté comme un vulgaire délinquant. C'est pitoyable », a-t-elle déploré. 
 
L'avocat de l'élu, Me David Dassa-Le Deist a estimé qu'au travers ces réquisitions, le parquet « a demandé au tribunal de signer l'arrêt de mort politique » de son client, celui-ci envisageant de se présenter aux élections municipales. « En aucun cas, M. Jacob n'a été motivé par le fait d'en découdre avec des personnes homosexuelles », a réfuté l'avocat, qualifiant l'altercation « d'incident ».
 
Outre les trois victimes, Adhéos, le Collectif Contre l'homophobie et Quazar, des associations de défense des droits des homosexuels, se sont constituées partie civile au soutien des victimes. 
 
Leur avocat, Me Jean-Bernard Geoffroy, a réclamé de 3.000 à 3.300 euros de dommages et intérêts pour les victimes et 1.500 euros pour chaque association.
« J'affirme que M. Jacob a agi de la sorte parce que les victimes sont homosexuelles. Dire qu'il s'agit d'une simple altercation, c'est de la profonde mauvaise foi », a-t-il affirmé.
  
Le jugement a été mis en délibéré jusqu'au 20 juin.
 
  • Source Communiqué de presse de la Fédération LGBT
  • Stéphane CORBIN, porte parole


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