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Abandon du plan national de lutte contre l'épidémie à VIH. . . Sortir de l'affichage !

Lundi 01 décembre 2014 à 08h44
Catégories : Communiqués, Fédération LGBT

Après la communication assez approximative de la Ministre de la Santé dans l’émission de Laurent Ruquier « On est pas couché » , le Cabinet du Ministère a décidé d’organiser la conférence de presse à l’occasion de la Journée Mondiale de Lutte contre le SIDA à l’Hôpital Saint Louis de Paris, en présence du Professeur Jean-Michel Molina, investigateur de l’essai, ainsi qu’un représentant du Comité Associatif que comporte cet essai.
 
Après concertation entre les différents représentants associatifs de ce comité, c’est Dominique Ganaye qui sera présent au nom de l’ensemble des associations partie prenante. En effet, la Fédération, représentée par son porte-parole et référent santé, a pris une part très active au sein du Comité Associatif de l’essai de « Prep » (prophylaxie préexposition) ANRS Ipergay.
 
Nous avons donc accepté, dans une démarche constructive, malgré nos critiques de la politique actuelle du Gouvernement en matière de santé publique, et particulièrement de lutte contre le VIH, les hépatites et les IST.
 
Pour nous, la mobilisation de l’État est très insuffisante…
 
Cette année, dans un contexte économique particulièrement contraint, la Journée Mondiale de Lutte contre le SIDA du 1er Décembre est l’occasion pour la Fédération LGBT de s’exprimer avec un peu de solennité.
 
La France s’est en effet dotée d’un système plutôt ingénieux et pertinent pour suivre et appliquer les mesures préconisées par différentes entités (agences d’Etats, associations de lutte contre le VIH, associations communautaires des publics à prévalence élevée). Mais à quoi sert ce bel outils si les préconisations formulées ne sont que très partiellement, voire pas du tout, mises en œuvre ?
 
Le Conseil National du SIDA (CNS) a rendu un excellent avis à mi-parcours de ce plan en janvier 2014 . Que croyez-vous que les services de l’Etat et ceux du Ministère font pour suivre ces préconisations ? Eh bien, rien à ce jour !
 
Depuis que la liberté a été laissée aux Agences Régionales de Santé des régions d’utiliser les fonds dont elles sont dotées par les services centraux, celles-ci n’en font qu’à leur tête et cèdent de plus en plus aux pressions des lobbies politico-financiers, bafouant au passage toute velléité de vraie mesure de santé publique ! La santé publique ne saurait en effet souffrir d’aucune concession à la notion de “rentabilité”. Un tel concept est incompatible avec toute politique de service public, surtout dans le domaine de la santé, de la prévention et de la réduction des risques.
 
Retenons quelques éléments particulièrement significatifs :
 
  • Il est recommandé de mieux adapter la prévention des publics les plus concernés : les ARS s’ingénient en effet trop souvent à refuser les renouvellements de financement d’actions novatrices, ayant pourtant fait preuve de leur efficacité ; 
  • Mauvaise information, ou même absence de communication sur les données de l’épidémie de façon publique : il faut visiblement donner dans le politiquement correct, et ne pas affoler la population. 
  • Retard dans la connaissance des données (à l’heure des interconnections informatiques généralisées le décalage de connaissance des données est inacceptable) ; 
  • Un pilotage public du plan à partir du niveau national insuffisant ou inexistant associé à un leadership insuffisant ; 
  • Mais un des éléments les plus scandaleux reste celui des nombreuses actions bloquées par des contradictions d’objectifs entre ministères : le plus criant reste celui de l’antagonisme exacerbé entre les ministères de l’Intérieur et de la Santé sur les questions relatives à la consommation de produits psychoactifs , sur les travailleuses et travailleurs du sexe et leur pénalisation, sur la négation des questions de drogues et de sexe en milieu carcéral ; 
  • La négociation ratée avec les lobbies pharmaceutiques quant au prix des nouvelles molécules anti VHC a fait perdre une occasion d’arrêter une épidémie au profit de laboratoires toujours plus rassasiés ; 
  • Et que dire de l’embargo que le ministère de la santé entretient sur la désormais preuve scientifique obtenue dans l’efficacité de la mise en œuvre d’un outil complémentaire de réduction des risques qu’est la « PreP » ? Va-t-il être levé, comme nous l’exigeons, lors de cette conférence de presse ?
  
Au-delà de ces préconisations non suivies du CNS, bien d’autres éléments sont à déplorer :
 
  • les gays, groupe parmi les plus touchés, subissent toujours des campagnes homophobes de la part de groupes politico-religieux extrémistes sans que la riposte de l’État soit à la hauteur ; 
  • des personnes déjà durement discriminées, les personnes transgenres, sont placées dans une situation où elles sont largement tenues à l’écart des programmes de prévention (aucune statistique spécifique n’est fournie !) ; 
  • les séropositifs continuent à être discriminés au-delà de leur mort (refus de lever l’interdiction des soins funéraires), malgré des promesses jamais tenues ;
 
Le gouvernement doit agir !
 
La Fédération LGBT attend des pouvoirs publics qu’ils prennent la mesure de cet enjeu de santé publique ! La prévention du VIH et des IST doit donc s’appuyer tout à la fois sur le rappel que l’usage du préservatif reste essentiel, mais aussi sur une politique audacieuse de réduction des risques.
 
C’est pourquoi nous appelons le Premier Ministre et la Ministre de Santé à être fermes face au lobby des laboratoires, à ne plus réduire les moyens financiers dont les associations ont besoin pour poursuivre leur tâche, et à prendre – à l’occasion de cette Journée Mondiale de Lutte contre le SIDA – des mesures à la hauteur des vrais enjeux de santé publique !
 
  •  Dominique GANAYE, porte-parole et référent commission santé contact@federation-lgbt.org


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